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Conférence de JP Van Ypersele

Les petits ruisseaux...

Compte rendu de la conférence de JEAN PASCAL VAN YPERSELE le jeudi 17 janvier

« De l’effet papillon au boomerang climatique : n’est-il pas déjà trop tard ? »

Le terme "climat" exprime la moyenne de l’état du système climatique et la variabilité qui l’entoure.
Le rôle du GIEC est de trier les informations sur le climat (facteurs, impacts, solutions) et de les publier. Un rapport est actualisé tous les cinq ans ; le dernier est disponible sur le site www.climat.be.

Le soleil (qui dispense une puissance de 1400 W/m²) et les océans (qui assurent l’inertie calorifique de la Terre) sont deux acteurs clés de la régulation climatique.
Notre atmosphère est très fine proportionnellement au rayon terrestre : elle a 400 km d’épaisseur et est constituée essentiellement d’azote (surtout), d’oxygène (depuis les algues bleues qui ont commencé à en produire), de vapeur d’eau et de dioxyde de carbone (malheureusement de plus en plus). Ces deux derniers participent activement à l’effet de serre.
50% environ de l’énergie solaire envoyée atteint la Terre, en réchauffe la surface et est renvoyée dans l’atmosphère sous forme d’IR (infrarouges) qui sont piégés partiellement par les gaz à effet de serre ; ces IR réchauffent donc la Terre ; sans eux, la température moyenne sur la Terre serait de – 18°C. Plus il y a de gaz à effet de serre, plus ce rayonnement est prisonnier et nous réchauffe.

Depuis la période préindustrielle, c’est à dire depuis 200 ans, il y a une explosion de la production de CO2.

Il est important d’aller d’abord aux conclusions, avant d’aborder les raisons de cette augmentation :
_ le réchauffement est rapide (les ¾ des émissions datent des 30 dernières années)
_ ces émissions sont dues à la « boulimie énergétique » (combustion de charbon, pétrole, gaz, bois…) ; le CO2. est un « déchet fatal » de la combustion ; on en produit environ 12 tonnes par habitant et par an en Belgique (chauffage, déplacements, énergie inhérente à la fabrication de produits finis etc....).
_ les océans absorbent environ 15 milliards de tonnes de CO2 sur les 30 milliards émis ; mais l’élévation de la température amplifie l’effet de saturation : la capacité d’absorption diminue parce que le CO2 se dissout moins bien
_ les impacts sur la santé et les écosystèmes se multiplient
_ les glaciers fondent de plus en plus et ne se reconstituent plus (contrairement à ce qui passait avant) ; or, ils sont les réservoirs d’eau douce pour les pays tropicaux (Himalaya…) ; cela provoque de surcroît d’impressionnantes inondations. De plus, les glaciers sont les archives de la Terre : c’est en analysant les glaces qu’on a une idée du niveau des mers à différentes époques de l’histoire
_ le niveau des mers monte : environ 20 cm au XXe siècle ; le Groenland fond plus vite que prévu et les modèles fiables annoncent une augmentation de 20 à 60 cm pour 2010… et de 8m en 3000 !!! De nombreuses régions disparaîtront de la carte du monde

Quelles sont les solutions ?

Le protocole de Kyoto demande de réduire les émissions de gaz à effet de serre ; pour bien faire, il faudrait les réduire de 70 à 90% pour 2100… or, on est à 5% actuellement ! de nouvelles mesures sont prises par la Commission Européenne

Il est très difficile de raisonner à long terme : les différences d’échelle de temps entre l’action politique (quelques années par mandat !) et l’évolution du climat sont tellement énormes !

Les changements climatiques vont également aggraver les tensions géopolitiques ; ces changements s’emballent ; le CO2 et le méthane ont flambé en 200 ans ; on prévoit d’ici 100 ans, que la T° augmente de 1,4 à 6,4°C !

Les systèmes naturels émettent 150 milliards de tonnes de CO2. par an ; les hommes ne sont responsables que de 5% de ces émissions… pourquoi s’en faire alors ? Mais parce que nous ne faisons qu’émettre sans recycler ! Les plantes par exemple absorbent 60 milliards de tonnes de carbone par an (pour leur photosynthèse) ; nous, par contre n’absorbons rien et rejetons par an 3,5 tonnes qui vont gonfler le stock de l’atmosphère.

Nous devons absolument arriver à émettre moins que ce qui est réabsorbé, c’est à dire réduire de moitié les émissions.

Les climatologues essaient de modéliser les conséquences selon des lois de la physique et de la chimie. Mais le futur climatique est imprévisible ; trop d’inconnues sont en jeu ; on peut faire des projections, mais pas des prédictions climatiques ; et il faut savoir que des évolutions qui semblent minimes ont des conséquences énormes : il n’y a aujourd’hui que 4°C de plus qu’il y a 10 000 ans… époque où les mers étaient 120 m plus basses et les glaciers infiniment plus épais (toute l’Amérique du Nord était de glace !).

Même si on arrête les émissions de gaz à effet de serre aujourd’hui, le climat continuera à se réchauffer encore longtemps. C’est à long terme que nous devons penser.